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" Tu as su illuminer mes journées, tu étais mon soleil à Forks.
Mais depuis ce jour, même si la décision était mienne,
je vis sous l'orage. "
Cela faisait plusieurs mois que je sombrais. Je ne sais pas exactement combien, j'avais perdu toute notion de temps. Je n'avais même pas été à Jacksonville, et je n'arrivais pas à regretter cette décision. Elle me parassait juste, bien qu'un peu tardive. En tout cas, j'avais passé l'été le plus horrible de ma vie, peut-être même la période la plus sombre de mon existence. Ce que j'avais fais, je n'y croyais toujours pas. Je m'étais faite à l'idée de l'avoir perdu, pourtant, au plus profond de mon âme, j'espèrais que ce n'était qu'un cauchemar, et l'heure du réveil viendrait d'ici peu. Cependant, ce n'était pas le cas. J'avais perdu tout le monde, seul Charlie restait, ainsi qu'Alice. Les autres, je ne les croisais plus. Seule Alice me rendait visite, passait du temps avec moi. Elle ne baissait pas les bras et espèrait me redonner gout à la vie. C'était impossible, et ça, je le savais. Une vie sans lui, me paraissait invivable, même, était inexistante. Je me demandais comment cela se faisait t-il que j'existais toujours. N'y avais-je pas mis fin à ma vie en quittant .. en le quittant ? J'existais seulement, au milieu de tous ces gens, je ne vivais plus. L'étincelle que j'étais avec lui s'est éteinte. Alice faisait tout ça pour rien me dis-je soudain, c'était comme essayer d'allumer un feu sans bois. Assise sur mon lit, elle me regardait avec un air que je ne saurais nommé. Ces derniers temps, je ne pouvais même plus dinstinguer le bien du mal tant j'étais plongée dans l'enfer. Elle se leva soudain de sa démarche souple, et se mit à genou devant moi. Me prenant par les bras, elle me secoua un peu trop fort.
- Secoue-toi Bella ! J'en peux plus de te voir comme ça !
- Si ça continue, j'obligerai Edward à te rendre une petite visite.
Je tressaillis, jamais depuis ce jour, elle n'avait prononcé son prénom. Ni même m'avait fais un tel chantage. La plaie dans mon coeur s'est ouverte une nouvelle fois, me faisant plier en deux. Au fur et à mesure du temps, j'ai réussi à contrôler ma douleur, la niant même parfois. Tous ces efforts s'étaient révélés vains à présent qu'elle m'a enfoncé le couteau. Elle me prit dans ses bras si rapidement, que je n'eus même pas le temps d'identifier ses mouvements.
- Excuse-moi, je ne voulais pas dire ça , seulement c'est plus fort que moi.
- J'ai l'impression de te perdre et je n'en ai pas envie, Bella !
Ainsi, elle n'était pas seule à l'avoir remarqué. Je m'éteignais petit à petit et je le sentais aussi. Cette remarque eut le don de me noyer dans mes tourments, mais comme toujours, Alice me venait à l'aide.
Cette nuit-là, mon sommeil fut bizzarement sans rêve. Etait-ce du à mon épuisement ou à l'absence de la pluie ? Ou parce qu'Alice était rentrée chez elle pour la première fois depuis quelques jours ou encore parce que j'avais vidé toutes les larmes de mon corps avant de tomber dans l'inconscience et que je n'arrivais plus à pleurer mon mal-être ? Toutefois, cette nuit ne fut pas désagréable.
Pourtant, au matin, j'avais l'impression que mon corps avait déjà fais le plein d'eau salée, je pouvais donc retomber dans cette routine n'importe où, n'importe quand. Plus tard, Alice passa et nous descendimes dans la cuisine pour déjeuner, enfin moi. Charlie étant déjà parti, je ne pris pas la peine de sourire. Tout au long du repas, Alice suivait chacun de mes gestes, comme si elle craignait que je perde la raison. Après tout, elle avait raison, j'étais devenue folle. Ou parano, peut-être.
Les cours se déroulèrent comme toujours, un peu ennuyant, fatiguant, mais je tenais le coup. Je n'avais plus de mauvaises notes, j'avais les meilleures notes de la classe. J'étais totalement indifférente à ce qui m'entourait, ce que je faisais. Les rires, les sourires, les blagues, le sarcasme, le bonheur, le vrai, je les avais tous enterrés à tout jamais. Mon cerveau ne faisait plus que l'essentiel.
A la fin des cours, Alice me rattrapa pour me dire qu'elle venait me chercher en fin d'après-midi.
- Et ça ne se discute pas ! me coupa-t-elle, voyant que j'étais prête à protester.
Le passage d'Alice annonçait une virée à Port Angeles. Pourquoi ? La connaissez-vous si mal pour ignorer qu'Alice adore les vêtements ? Aussi bizzare que cela puisse paraitre, ce n'était pas ennuyant. Je n'avais pas le temps de penser à autre chose mis à part ma présence dans les magasins. En effet, mes pensées devaient obligatoirement être centrées sur ce que me montrait Alice pour ne pas tomber dans son piège - elle me conseillait d'acheter des choses tellement .. osées, ouvertes, dénudées. Mais pour quoi ? Pour qui ? Je n'avais plus personne à qui plaire, qui concquérir, lui montrer que je mérite un tel Adonis. Ca y est, je dérape une fois encore. Pourquoi à chaque lien, tout revenait à lui ? Etait-il le centre du monde ? Non, mais du mien, oui. Je poussai un soupir. J'étais stupide. Voyant que j'étais debout en plein milieu du magasin sans rien faire, Alice me ramena sur terre en me demandant si j'avais déjà trouvé ma robe. Je la regardai incrédule.
- Bella, dit-elle en levant les yeux au ciel, rassure moi, tu sais ce qu'il y a demain ?
- Demain ? répétai-je inutilement
- Ton anniversaire ! Tu sais ça ? Ou tu te laisses tuer par .. le temps ? S'écria-t-elle
Je savais qu'elle avait changé les derniers mots de sa phrase. C'était tellement évident. Toutefois, je la remerciai intérieurement de ne pas m'avoir balancé ce qu'elle avait en tête. Puis, je baissai les yeux en me rappelant soudain la date de demain. Mon anniversaire, m'avait-elle dis.
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C'est mon premier chapitre ! :)
Pour moi, l'histoire-même n'a pas encore commencé,
c'est plutôt pour vous situer, un avant-goût donc.
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